EVC Rhumatologie : 10 QCM corrigés gratuits

Dix questions de rhumatologie au format des EVC, avec la bonne réponse et le raisonnement. Elles viennent de la banque de FR.med, qui compte 14 questions de rhumatologie.

  1. 1 / 10

    Une femme de 70 ans consulte après une fracture du col fémoral survenue lors d'une chute de sa hauteur. L'ostéodensitométrie montre un T-score à −3,0.

    Quel traitement médicamenteux de fond est généralement proposé après correction des carences ?

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    Réponse: A. Un bisphosphonate, après vérification des contre-indications et de la fonction rénale

    Explication: Une fracture du col fémoral après une chute de sa hauteur témoigne d'un risque fracturaire élevé et justifie un traitement anti-ostéoporotique après bilan des causes secondaires et correction des apports. Un bisphosphonate est souvent proposé en première intention si les contre-indications, notamment rénales, sont absentes; le choix dépend du profil de la patiente.

    • B. Le traitement hormonal substitutif n'est pas instauré systématiquement à cet âge en raison de sa balance bénéfice-risque.
    • C. Le tériparatide se réserve à des situations d'ostéoporose sévère répondant aux critères de remboursement, notamment certaines fractures multiples.
    • D. Le dénosumab nécessite une stratégie de relais à l'arrêt et n'est pas choisi sans évaluation de l'indication et de la continuité du traitement.

    Sources: GRIO Recommandations

  2. 2 / 10

    Un jeune homme de 26 ans souffre de lombalgies chroniques à horaire inflammatoire depuis 9 mois, réveillant le patient en deuxième partie de nuit. Les radiographies des sacro-iliaques et de la colonne lombaire sont normales. La CRP est normale.

    Quel examen est le plus utile si les radiographies des sacro-iliaques sont normales ?

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    Réponse: A. Une IRM des articulations sacro-iliaques avec séquences T1 et STIR, à interpréter dans le contexte clinique.

    Explication: Lorsque la suspicion de spondyloarthrite axiale persiste malgré des radiographies normales, une IRM sacro-iliaque avec séquences T1 et STIR peut rechercher des signes inflammatoires. L’œdème médullaire n’est pas spécifique à lui seul; les symptômes, les autres signes de spondyloarthrite et les diagnostics différentiels doivent être pris en compte.

    • B. Le scanner montre mieux certaines lésions osseuses structurales, mais n’est pas l’examen le plus sensible pour l’inflammation précoce.
    • C. La scintigraphie manque de spécificité et n’est pas recommandée pour confirmer ce diagnostic.
    • D. L’échographie ne permet pas d’évaluer adéquatement les articulations sacro-iliaques profondes.

    Sources: HAS, recommandations sur la spondyloarthrite; ASAS, classification criteria for axial spondyloarthritis

  3. 3 / 10

    Une femme de 35 ans consulte pour des arthralgies bilatérales et symétriques des poignets et des articulations métacarpo-phalangiennes (MCP), avec un dérouillage matinal supérieur à 45 minutes évoluant depuis 8 semaines. L'examen clinique retrouve une synovite palpable de 3 MCP et du poignet droit.

    Quel examen immunologique présente la spécificité la plus élevée pour confirmer le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde (PR) ?

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    Réponse: D. Anticorps anti-peptides cycliques citrullinés, aussi appelés ACPA ou anti-CCP

    Explication: Les ACPA, souvent recherchés par le dosage des anti-CCP, sont plus spécifiques de la polyarthrite rhumatoïde que le facteur rhumatoïde. Aucun marqueur isolé ne confirme à lui seul la maladie: le diagnostic repose sur l’ensemble clinique, biologique et radiologique. La polyarthrite rhumatoïde (PR) est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques de l'adulte. Son diagnostic précoce repose sur les critères ACR/EULAR 2010; Les anticorps anti-peptides cycliques citrullinés (anti-CCP ou ACPA) possèdent une spécificité diagnostique supérieure à 95% (très supérieure à celle du facteur rhumatoïde qui est de 60-70%) et ont également une valeur pronostique de sévérité et de destruction articulaire.

    • A. Le facteur rhumatoïde est sensible mais peu spécifique, pouvant être retrouvé dans d'autres connectivites ou infections.
    • B. Les AAN sont le marqueur de dépistage du lupus érythémateux disséminé et non spécifiques de la PR.
    • C. Ces anticorps sont hautement spécifiques du lupus érythémateux disséminé et non de la polyarthrite rhumatoïde.

    Sources: SFR - Recommandations pour la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde, 2021; Collège Français des Enseignants en Rhumatologie (COFER) - Item Polyarthrite Rhumatoïde, 2024

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  5. 4 / 10

    Un homme de 54 ans présente une douleur extrêmement vive, un gonflement et une rougeur au niveau de la première articulation métatarso-phalangienne (MTP1) droite, apparus brutalement après un repas copieux. La ponction articulaire montre un liquide inflammatoire contenant des microcristaux d'urate de sodium en forme d'aiguilles négativement biréfringents.

    Quelle est la prise en charge de première intention pour traiter cette crise aiguë de goutte ?

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    Réponse: B. Colchicine débutée précocement, AINS ou corticothérapie courte selon les comorbidités et contre-indications

    Explication: La crise de goutte se traite rapidement par colchicine, AINS ou corticoïdes, seuls ou associés selon les comorbidités et contre-indications. La colchicine est idéalement commencée dans les 12 premières heures; les cristaux n’excluent pas une infection concomitante. Un traitement hypouricémiant de fond se décide séparément et n’est pas remplacé par le traitement de crise.

    • A. L’allopurinol n’est pas un traitement de la douleur de crise; un traitement de fond se discute séparément et à faible dose initiale.
    • C. Les cristaux confirment la goutte mais n’excluent pas une arthrite septique concomitante; l’antibiotique seul ne traite pas la crise.
    • D. Une infiltration peut traiter une monoarthrite après exclusion raisonnable d’une infection, mais ce n’est pas la seule option de première intention.

    Sources: SFR, Recommandations 2020 sur la prise en charge de la goutte; HAS, avis ILARIS, 2024

  6. 5 / 10

    Un homme de 54 ans consulte pour un accès aigu de goutte du gros orteil apparu depuis douze heures. Il n'a pas d'insuffisance rénale ni hépatique connu et ne prend aucun médicament susceptible d'interagir avec la colchicine.

    Quel schéma de colchicine faut-il prescrire pour cet accès aigu selon l'ANSM ?

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    Réponse: D. Un milligramme puis un demi-milligramme une heure après, puis un demi-milligramme deux à trois fois par jour

    Explication: L'ANSM a demandé en 2023 une réduction des posologies de colchicine dans la goutte, en raison d'intoxications liées à l'ancien schéma. Pour l'accès aigu, le nouveau schéma comporte une dose de charge de 1 mg le premier jour, suivie une heure plus tard de 0,5 mg, puis 0,5 mg deux à trois fois par jour à partir du deuxième jour. Une diarrhée, des nausées ou des vomissements imposent de réduire ou d'arrêter le traitement.

    • A. Cette escalade horaire correspond à l'ancien schéma, abandonné en raison du risque de surdosage mortel.
    • B. Cette dose quotidienne élevée dépasse la posologie recommandée et augmente le risque toxique.
    • C. Cette posologie correspond au traitement prophylactique et non à la prise en charge de l'accès aigu.

    Sources: Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) - Prise en charge par colchicine de la goutte : nouvelle posologie, 2023

  7. 6 / 10

    Une femme de 72 ans chute de sa hauteur et se fracture le poignet distal. Elle est ménopausée depuis vingt-deux ans, ne prend aucune corticothérapie et son ostéodensitométrie retrouve un T-score à moins 2,6 à la hanche.

    Quelle conduite faut-il recommander ?

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    Réponse: D. Introduire un traitement antiostéoporotique et évaluer les facteurs de chute

    Explication: La fiche de bon usage de la HAS indique qu'un traitement préventif des fractures est indiqué devant un risque fracturaire élevé, en particulier après une fracture de fragilité. Une ostéodensitométrie basse et un antécédent de fracture par fragilité renforcent cette indication. Le traitement médicamenteux est associé à la correction des carences et à la prévention des chutes.

    • A. La supplémentation ne suffit pas chez une patiente ayant déjà une fracture de fragilité et un T-score bas.
    • B. L'âge avancé n'est pas une raison de renoncer à un traitement ayant démontré une réduction du risque fracturaire.
    • C. L'hormonothérapie substitutive n'est pas le traitement de première intention à distance de la ménopause.

    Sources: Haute Autorité de Santé (HAS) - Bon usage des médicaments de l'ostéoporose, mise à jour 2023

  8. 7 / 10

    Une femme de 67 ans, ménopausée à l'âge de 50 ans, sans antécédent de fracture, réalise une ostéodensitométrie osseuse (DEXA) qui montre un T-score à -2,8 au niveau du col fémoral et -2,6 au niveau du rachis lombaire.

    Comment interprétez-vous ces résultats et quelle est la conduite à tenir de première intention ?

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    Réponse: A. Ostéoporose densitométrique; évaluer le risque fracturaire global et rechercher une fracture avant de décider d’un traitement médicamenteux

    Explication: Les T-scores du col fémoral et du rachis définissent une ostéoporose densitométrique. En France, le choix d’un médicament dépend aussi des fractures antérieures, des facteurs de risque et du site de mesure; une DMO isolée avec un T-score supérieur à -3 ne suffit pas à elle seule. Il faut corriger les carences en calcium ou vitamine D et rechercher une cause secondaire.

    • B. Le T-score à -2,8 correspond à un seuil d'ostéoporose et non d'ostéopénie (qui se situe entre -1 et -2,5).
    • C. L'ostéoporose sévère requiert la présence de fractures de fragilité ; de plus, le traitement est purement ambulatoire.
    • D. Un T-score de -2,8 témoigne d'une perte osseuse pathologique qui expose à un risque fracturaire important.

    Sources: HAS, Ostéoporose : prévenir la survenue des fractures, consulté en 2026

  9. 8 / 10

    Une femme de 68 ans est traitée par alendronate pour une ostéoporose fracturaire. Elle se plaint de douleurs œsophagiennes après la prise et a déjà interrompu son traitement à deux reprises sans en parler à son médecin.

    Comment améliorer l'administration de son traitement ?

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    Réponse: A. Rappeler une prise à jeun avec un grand verre d'eau et rester assis trente minutes

    Explication: Les bisphosphonates oraux imposent des règles de prise précises pour limiter les lésions œsophagiennes : comprimé avalé à jeun avec un grand verre d'eau, sans s'allonger pendant au moins trente minutes. Ces règles conditionnent aussi l'absorption du médicament et donc son efficacité. L'éducation de la patiente et la vérification de la tolérance conduisent, si besoin, à discuter une autre forme ou un autre traitement.

    • B. La prise pendant le repas réduit l'absorption du bisphosphonate et ne corrige pas les douleurs œsophagiennes.
    • C. L'écrasement modifie la forme galénique et augmente l'irritation œsophagienne.
    • D. Augmenter la dose ne compense pas les interruptions et accroît le risque d'effets indésirables.

    Sources: Haute Autorité de Santé (HAS) - Bon usage des médicaments de l'ostéoporose, mise à jour 2023

  10. 9 / 10

    Un homme de 64 ans a une gonarthrose fémoro-tibiale interne confirmée par radiographie. Il est en surpoids et présente des douleurs à la marche, sans signe inflammatoire et avec une douleur d'intensité modérée.

    Quel traitement faut-il proposer en première intention ?

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    Réponse: B. Un programme d'exercices physiques associé à une perte de poids

    Explication: La HAS rappelle que la prise en charge de l'arthrose périphérique repose d'abord sur des mesures non médicamenteuses. Chez un patient en surpoids, l'exercice physique adapté, l'éducation thérapeutique et la perte de poids sont au premier plan. Les traitements médicamenteux sont ensuite personnalisés selon l'intensité des symptômes et les comorbidités.

    • A. Le lavage articulaire n'a pas d'efficacité démontrée sur les symptômes de la gonarthrose.
    • C. Les infiltrations de corticoïdes sont ponctuelles et n'ont pas vocation à être répétées mensuellement.
    • D. Les opioïdes forts sont réservés à des situations particulières, après échec des autres options et en tenant compte des comorbidités.

    Sources: Haute Autorité de Santé (HAS) - Prescription d'activité physique : arthroses périphériques

  11. 10 / 10

    Une femme de 28 ans consulte pour des arthralgies inflammatoires des mains, une éruption cutanée surélevée des joues respectant les sillons nasogéniens après exposition solaire, et une protéinurie à 1,2 g/24h. Le bilan immunologique montre des anticorps anti-nucléaires positifs à 1/1280.

    Quels anticorps spécifiques rechercher et quel examen discuter pour caractériser l’atteinte rénale ?

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    Réponse: C. Les anticorps anti-ADN natif et anti-Sm; discuter une ponction-biopsie rénale devant une protéinurie supérieure à 0,5 g/24 h.

    Explication: Les manifestations cutanées, articulaires et les anticorps antinucléaires évoquent un lupus systémique; les anti-ADN natif et anti-Sm renforcent cette hypothèse. Une protéinurie à 1,2 g/24 h justifie une ponction-biopsie rénale pour classer l’atteinte et guider le traitement, après vérification des contre-indications.

    • A. Les anti-centromères orientent vers certaines formes de sclérodermie; une biopsie cutanée ne classifie pas l’atteinte rénale.
    • B. Les anti-SSA/SSB et la biopsie salivaire explorent surtout un syndrome de Sjögren.
    • D. Les anti-Jo-1 orientent vers une myosite/syndrome des antisynthétases.

    Sources: HAS, PNDS Lupus systémique; KDIGO, Clinical Practice Guideline for the Management of Lupus Nephritis, 2024

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